La vie sans enfant

La vie sans enfant

3 | 462 Consultations

Ne pas avoir d’enfant est-il synonyme d’une vie plus épanouissante ? Quelles raisons donnent ces couples libres et accomplis à leur choix ? Positivement égoïstes et à contre-courant de la norme du « faire famille », ces personnes assument leur choix de vie qu’elles considèrent délibérément positif et serein. Comment mieux comprendre leur décision ? Que penser du mouvement « no kid » ? Nous tenterons de répondre, à travers cet article, à ces interrogations.

 

Un choix de vie pleinement assumé

La vie est une succession d’expériences. La maternité en fait partie. Mais tout autre projet exaltant peut permettre l’épanouissement de chacun. Le modèle de la famille-type n’est pas une fin en soi, mais le rejeter est alors souvent considéré comme un choix contraire à la norme. Les personnes ayant choisi de ne pas avoir d’enfant n’aiment justement pas sentir le poids des normes qui obligent à penser selon des critères imposés. Elles ne veulent pas regretter de n’avoir pu mener à terme des projets importants à cause du jugement d’un entourage familial ou sociétal. Ces femmes et ces hommes revendiquent une certaine liberté de pensée, sans culpabilité et crient haut et fort que le bonheur est possible sans enfant. Outre ce choix délibéré et assumé, le fait de renoncer à sa descendance, à ses héritiers n’est pas sans conséquences. Prenons l’exemple d’un fils unique, qui est le seul espoir de la famille de transmettre son nom à la génération suivante, que cette lignée finira avec lui s’il n’a pas d'enfant, cela engendrera forcément des déceptions autour de lui. Pour les grands-parents, la joyeuse perspective de tenir des petits-enfants un jour dans leurs bras s’écroule. Enfin, en l’absence de descendance, il importe de préparer la transmission de son patrimoine afin d’éviter d’éventuels conflits qui pourraient naître au sein de la famille élargie…

 

Comprendre ce choix

Peut-on réaliser pleinement sa féminité sans avoir d’enfant ? Comment comprendre ces femmes qui préfèrent se consacrer à leur carrière, qui sont dégoûtées par la maternité, ou qui se contentent des enfants de leur conjoint ? Les réactions de la société fluctuent encore, entre jugement et incompréhension. Selon Catherine Bergeret-Amselek, psychanalyste, « On peut donc réaliser sa féminité sans enfant, on devient alors une bonne mère pour soi, en transformant, par exemple, son désir d’enfant en créativité ». Isabelle Tilmant, auteur du livre Epanouie avec ou sans enfant  explique que « le désir d'enfant, tout comme le non-désir d'enfant, c'est quelque chose d'égoïste. Le désir, c'est un rêve pour ce qui nous rend heureux, y compris d'avoir ou pas des enfants. L'engagement de parentalité, c'est un engagement de 24h sur 24, pour toute la vie. Ne pas avoir d'enfant est un engagement aussi de sa vie, dans autre chose, à déterminer, à créer. ». D’après les études de ces psychologues, les femmes ayant choisi de ne pas avoir d’enfant n'auraient pas eu de pulsion physique, d'instinct de maternité. Elles auraient toutes un énorme besoin de liberté intérieure, d'être soi-même et une grande crainte d'être embarquées dans une aventure qu’elles ne seraient pas capables d'assumer et ne verraient pas comment sauvegarder leur individualité en tant que femme, en devenant mère.

 

Mouvements « no kid », « childfree » et femmes « Gink »

Sans enfant par choix (en anglais : childfree) est un terme utilisé pour décrire les personnes qui choisissent de ne pas avoir d’enfant. Ce mouvement, né aux États-Unis dans les années 1970, le « no kid » est de plus en plus présent dans notre société, notamment avec des sites de rencontres destinés aux personnes ne désirant pas d'enfant. Mais cela ne s'arrête pas là, des chambres d'hôtes, des hôtels ou encore des restaurants refusent de recevoir des enfants car trop bruyants ! Dans son livre No kid!, Corinne Maier s'attaque à l'un des tabous les plus intouchables de notre société : l'enfant. Paru en 2007, l'auteur dégaine quarante bonnes raisons de ne pas succomber à la tentation de l'enfantement. Ce livre permet ainsi de se plonger dans ce monde des « no kid » et de comprendre un peu plus ce qui peut pousser certaines femmes à rejeter la maternité. Pour elle il est nécessaire dans notre société d'entrevoir un autre choix possible et que cela s'appelle tout simplement de l'ouverture d'esprit. Enfin, connaissez-vous le groupe de femmes nommé « GINK » ou « Green Inclination, No Kids » ?  Ces dernières sont convaincues que la surpopulation de la planète a un effet considérable sur le réchauffement climatique et sont prêtes à renoncer à la maternité pour sauver l’environnement…

 

Que vous inspire ce sujet ? Certains d’entre vous sont-ils concernés ? Si oui pouvez-vous nous expliquer les raisons de votre choix ? Vos témoignages nous intéressent !

 

 

Photo © Fotolia – Auteur : Andrey Popov

Betty_Nelly, 03/21/2019

choupette56
1 | 03/21/2019, 22:54

Nous parlons bien du CHOIX de ne pas avoir d'enfant.
J'ai une fille, j'aurai aimé avoir 2 ou 3 enfants mais la vie a choisi comme ça.
Je trouve tout aussi respectable le choix de ne pas avoir d'enfant que le choix d'en avoir.
Car il s'agit bien d'un choix, au moins dans notre pays et à notre époque.

Avoir un enfant c'est pour la vie, pas pour 18 ans. Donc je trouve très bien que certaines personnes assument leur choix plutôt que de faire des enfants pour faire comme tout le monde, ou pour toucher les alloc.
C'est une grande responsabilité. Car élever un enfant, ce n'est pas juste le nourrir et le laisser grandir. Le terme "ELEVER" un enfant est bien choisi. Il s'agit réellement de le hisser le plus haut possible pour qu'il puisse réussir sa vie. Attention, je ne parle pas juste de les pousser à l'école pour ceux qui ont envie de passer un CAP de menuisier ou autre, et qui peuvent très bien réussir financièrement avec un métier manuel.
ELEVER un enfant, c'est lui donner les outils pour gérer sa vie. Lui apprendre que quel que soit son ou ses choix il faudra qu'il les assume. Qu'il fasse le bon choix, quel qu'il soit. Sa vie ne sera peut-être pas commune mais si c'est celle qu'il a choisi alors j'estime que les parents auront réussi leur mission.
J'aurai été très malheureuse de ne pas avoir d'enfant. Mais j'ai eu la chance d'en avoir au moins une et ce n'est pas donné à tout le monde.
Quant à parler d'égoïsme, à une époque et dans un pays où on a le choix, c'est de l'EGOÏSME. On en a ou pas pour son PROPRE PLAISIR.
Il faut mettre entre parenthèses les cas de dénis de grossesse.

chayonne
1 | 03/21/2019, 19:59

Bonsoir Campegar...
...avec l'autorisation de Betty je me permets de te répondre.
Désolée de t'avoir terrifié !...mais es tu sûr que c'est moi qui te terrifie ?...ne serait ce pas plutôt les douleurs de la vie, celles que tu décris si bien ?...dans ce cas, c'est la vie elle même qui te terrifie !
...et quand on a mal ou peur, ce sont souvent les Mamans qui consolent...

Faire des enfants pour assurer ses arrières ?...certainement pas !...mais pour assurer ses devants, oui !...s'assurer de l'amour à donner et à recevoir...s'assurer de resserrer les liens autour d'une naissance...s'assurer de rires et de peines dans la maison...s'assurer d'une complicité jamais égalée quand elle existe entre père-mère-enfants...s'assurer de la tendresse et des rendez-vous familiaux lors de fêtes ou d'anniversaires...s'assurer d'être utiles pour des êtres que l'on aime jusqu'à l'abnégation et que l'on a fait pour nous avant d'être utiles aux Autres...s'assurer de bons ou mauvais souvenirs avec ce lien si particulier qui relie leur chair à notre chair...
...je pourrais continuer comme ça bien longtemps...je n'essaie de convaincre personne...je respecte toutes les idées, respecte les miennes, STP !

...et ne jugeons rien, nous ne connaissons les souffrances de personne !

Quand à l'argent, si c'est à cela que tu penses en parlant d'assurer nos arrières, ne faisons surtout pas le compte : l'amour pour un enfant n'a pas de prix ! (du moins pour moi !)

L'émancipation, le respect du aux femmes et la liberté de ne pas faire d'enfants dans certaines conditions n'ont heureusement rien à voir avec la liberté de vouloir et d'élever un enfant dans l'amour...!
...et bien oui...je pense sincèrement que j'ai beaucoup de chance d'avoir les miens !

Très bonne soirée à toi, à tou(te)s et à Betty...

biloum
1 | 03/21/2019, 18:44

J'ai eu et j'ai encore autour de moi quelques exemples de couples (toute catégorie d'âge confondu) qui ont délibérément fait le choix de ne pas avoir d'enfants .
Curieusement, le motif n'est pas tant la priorité d'une carrière , puisque parmi ces quelques exemples, elle a justement été mise entre parenthèse, encore moins la peur de devenir parents ou de se sentir incapable de transmettre des valeurs. Non! Le facteur commun c'est tout simplement l'envie de profiter, savourer , pleinement une vie à deux, sans contraintes.

Rien ne me choque dans ce genre de modus vivendi . Aussi, égoïste puisse-t-il paraître, , on peut tout à fait assumer ce choix de vie sans enfants !

Je ne trouve pas que ce soit plus bizarre que d’en avoir 8.

Perso, Je ne voulais qu'un seul enfant . Je me souviens encore des commentaires de mon entourage qui régulièrement me demandait si j'allais renouveler l'expérience sous prétexte qu'un enfant unique c'est pas l'idéal . Ah bon ?

Ce fut dur pour leur faire comprendre que je n'éprouvais plus ce désir de maternité .
Tant pis pour les grincements de dents qui ont suivi.......

Tout ca pour dire que peu importe la norme, du moment que nos choix nous correspondent ! et ils se doivent d'être respectés.

Jazzie_91
3 | 03/21/2019, 17:53

Bonjour,
Je ne suis pas concernée mais je comprends ce désir de liberté et d'autonomie, 2 de mes amies ayant fait ce choix délibéré, parfaitement bien assumé.
L'une a choisi par rapport à son histoire familiale difficile, l'autre par ambition professionnelle... c'était tjrs trop tôt pour elle et puis ce fut trop tard mais au final sans regret. Aucun désaccord non plus avec leurs compagnons de vie... ce qui n'est pas tjrs évident.
Je n'ai aucun jugement négatif à ce sujet bien au contraire, seul importe à chacune de mener sa vie comme elle l'entend...
Je suis si heureuse d'avoir pu décider moi-même de mon désir ou non de maternité. Je crois qu'en temps voulu je saurai dire à ma petite-fille combien cette liberté est un grand privilège... Merci Madame de Beauvoir ! :)

campegar
0 | 03/21/2019, 17:48

Je suis terrifié par le commentaire de Chayonne, ci-dessous, d'où il apparait que l'enfant est un objet destiné à satisfaire le plaisir, ou les besoins, de sa mère !
Les problèmes de l'enfant sont complètement passé à l'as :
engendré sans avoir eu à donner son avis ;
à l'école parce que c'est la mode, et puni s'il préfère l'école buissonnière ;
autrefois, mais ça peut revenir, invité à aller se faire casser la gueule dans les tranchées, ou en Algérie ;
parfois des accidents ; parfois une mauvaise santé ;
des conditions de travail pénibles, ou du chômage, (ah là il a le choix) ;
et toujours les maladies, qui finissent toujours par gagner et envoyer à la mort douloureuse, qui pour certains sera suivie d'enfer pour le reste de l'éternité.

Pour tout vous dire, je préfère encore ceux qui font des enfants sans y penser, (comme les chiens ou les chats font des chiots et des chatons), que ceux qui les font pour assurer leurs arrières.

carard
2 | 03/21/2019, 17:43

Bonjour Betty, oui, je l'avais bien compris...
J'ai eu heureusement la joie d'être mère ! C'est un merveilleux sentiment depuis le foetus jusqu'à point d'âge.
En son temps, je me pensais que de ne pas vouloir d'enfant était de l'égoïsme et de la lâcheté mais j'ai changé d'avis au fil des années et dans le contexte actuel (chômage), je me dis que c'est mieux ainsi car en cas de coup dur, les enfants qui ont été désirés par nous parents, ne méritent pas de subir nos aléas...

chayonne
0 | 03/21/2019, 15:58

Bonjour...
Très bon sujet.
...le problème (pour moi) est que les personnes qui font ce choix ne commencent à le regretter qu'à un age ou il est déjà trop tard...
Les conséquences d'une vie sans enfant sont trop souvent douloureuses !
(parfois avec enfants aussi !...mais ce ne sont pas les mêmes douleurs !)

Il serait vraiment intéressant de savoir si ces femmes arrivant à 80 ans (ou même avant ) referaient ce choix !
...si "rien" ne leur a manqué !

marie93
2 | 03/21/2019, 13:55

Bonjour,

Ne pas avoir d'enfants n'était pas vraiment répandu dans notre génération, peu de femmes faisaient carrière. Le début de la pilule contraceptive était déjà un énorme progrès.

Betty_Nelly
0 | 03/21/2019, 13:11

Bonjour Carard, nous voulions parler dans cet article uniquement des personnes qui ont choisi de ne pas avoir d'enfants et non pas de celles qui pour x raisons ne peuvent pas avoir d'enfants

carard
2 | 03/21/2019, 12:57

Ne pas avoir d'enfants peut-être dû aussi à une maladie... Alors, ce sujet est très évasif dans certaines circonstances...