La polygamie à travers le monde

La polygamie à travers le monde

2 | 14765 Consultations

Qu´est-ce que la polygamie?

De façon générale est polygame celle ou celui qui dispose de plusieurs conjoints(es) en même temps. Quand une femme a plusieurs partenaires, on parle de polyandrie. Si elle épouse ses partenaires, on parle de polygamie. Quand un homme a plusieurs partenaires, on parle de polygynie. S’il épouse ses partenaires, on parle également de polygamie. On s´aperçoit d´emblée que lorsque nous parlons de polygamie, nous faisons un raccourci rapide. La polygamie concerne aussi bien les femmes que les hommes. Il est important de faire cette distinction.

 

Origines de la polygamie

Les textes religieux originaires sont clairement ceux qui donnèrent naissance à l´idée de polygamie.

Le judaisme - La Torah autorisait initialement la polygamie au sein de la religion judaïque. Elle était toutefois surveillée et déconseillée comme mode de vie. Ainsi les femmes et les hommes avaient la possibilité de choisir plusieurs conjoints. Interdite bien plus tard, aux environs du XI siècle, elle le demeure encore aujourd´hui et sa pratique dans la religion judaïque semble avoir pleinement disparue.

L`islam - Le Coran propose un rapport différent. Effectivement dans la religion musulmane, seule la polygynie est tolérée, nécessitant néanmoins le respect de certaines conditions. Entre autres celle de subvenir aux besoins de toutes les épouses et des enfants. Au fil du temps cette pratique semble combattue et de moins en moins présente.

Le Christianisme prônant la fidélité comme valeur essentielle au mariage, semble avoir toujours prohibé la polygamie et ce encore de nos jours.

L´Indouisme propose peut-être la position la plus ouverte. La polygamie n´est pas formellement interdite et la monogamie ne semble pas encouragée.  Libre à chacun de choisir ce que sa foi lui indique.

On constate que les religions ont un rapport différent à la polygamie. Ces rapports trouvent des conséquences majeures dans nos sociétés contemporaines.

 

La polygynie dans l'histoire européenne

Les Vikings établis en Normandie gardèrent cette tradition bien qu'étant convertis au christianisme. Ainsi les jarl et les ducs de Normandie, pendant 5 générations ont pu avoir plusieurs secondes épouses. Les fils issus de ces unions étant appelés "bâtards", cela explique le premier nom de Guillaume le Conquérant, à savoir Guillaume le Bâtard.

 

La polyandrie dans l'Antiquité et au Moyen Âge 

Elle était courante autrefois  aux îles Canaries. On la retrouve à la même époque chez les Scythes, peuple nomade originaire des steppes de l'Asie centrale. César attribue cette pratique aux Bretons. Au XIXe et au XXe siècle elle était encore pratiquée entre autres au Kasai (Congo), chez certaines tribus du centre du Nigeria, dans la forêt amazonienne, chez les Guayaki au Paraguay. Il est attesté qu'elle était dominante dans les Iles Marquises jusqu'à l’abolition de la colonisation. Aujourd'hui elle est toujours légale, mais peu pratiquée au royaume du Bhoutan (Asie du Sud).

 

La polygamie aujourd´hui

On s´aperçoit de la multiplicité des rapports existants entre religion et polygamie. Ces religions, fondatrices de nos sociétés modernes laissent encore de nos jours des traces de leurs visions de la polygamie. On la traite différemment à travers le monde,  allant de l´interdiction à la tolérance, voire de l´autorisation.

En général la majorité des pays européens s´oppose fermement à cette pratique par conviction et pour préserver l´institution du mariage.

En France le droit condamne avec fermeté la polygamie sous toutes ses formes (polyandrie et polygynie). L´attribution du titre de séjour est également interdite depuis une ordonnance de 1993. Ceci pouvant être expliqué par les origines historiques chrétiennes de la France, origines qui encore aujourd´hui se manifestent dans ce rapport au mariage.

De son côté, la Belgique considère ce type de mariages comme opposé à l´ordre public. 

La loi espagnole réprime la polygamie. En 2014 un ressortissant marocain ainsi que sa nouvelle épouse originaire d'Algérie, résidants en Espagne, ont été condamnés l'un et l'autre à 6 mois de prison avec sursis. Celui-ci ayant contracté un mariage alors qu’il était déjà marié. 

En 2014 la ministre de l´Intégration en Italie, Cécile Kyenge, d’origine congolaise, voulait elle, faire légaliser la polygamie en argumentant que cette forme de mariage fait partie des innombrables moyens de “socialiser” les gens. Elle ajoute: “la polygamie facilite les rapports en société”.

 

Qu´en est-il dans d´autres pays et continents ?

Le Canada pourtant défenseur d´une liberté de culte totale, interdit également la polygamie. Une décision de 2011 lui attribue même un caractère parfaitement illégal car causant un tort aux femmes, aux enfants et à l´institution du mariage. Ceci est un rejet ferme et définitif.

En Afrique, c´est la polygynie qui semble généralement autorisée, surtout dans les pays de confessions musulmanes  (excepté la Turquie depuis 1926 et la Tunisie en 1957)  mais également de quelques pays animistes.

La polygynie est de nos jours clairement plus pratiquée que la polyandrie : ceci témoigne d´un déséquilibre majeur entre hommes et femmes par rapport à l´exercice de ce type de pratique.

Finalement il nous apparait que la religion dominante dans nos sociétés actuelles est largement orientée par la religion dominante de cette société.  Les fondements historiques fixent le rapport avec le mariage, avec la possibilité ou non de polygamie.

Quel est votre avis sur la polygamie ? Vos commentaires sont les bienvenus. A vos plumes ou plutôt à vos claviers.

 

Photo : fotolia © Polygamie von idspopd

 

 

Betty_Nelly, 02/19/2015

Patrice_06
0 | 02/21/2016, 19:45

Polyandrie, polygynie et polygamie, vaste sujet ...
Beaucoup de lectures mais aucune intervention.
Isabelle doit en être déçue. Il faut croire que le sujet excite plus la curiosité que les neurones et les claviers ...
Revenons aux temps anciens :
S'il reste au moins un homme dans un clan, tout le monde sera d'accord pour se le partager afin de reconstituer à terme la viabilité du groupe. Cela se généralisera jusqu'à la cité antique belliqueuse, je crois que Sparte l'a pratiqué. L'intérêt du groupe prime alors sur la volonté de la femme.
Parlons à présent de l'aspect génétique :
La femelle qui procrée un enfant qui sera long à éduquer préférera donc posséder son mâle protecteur et en général géniteur. Excusez, Mesdames, c'est un aspect concrètement Darwinien. A moins que ce soit aussi le groupe, le clan, etc, qui s'en charge comme chez les loups ou les chiens de prairie. Mais plus l'éducation est longue et plus le protecteur doit être tenu de rester aux cotés de la mère et de sa progéniture. Les humains ont le pompon question temps d'éducation. Et pour vous, Mesdames, il est bien évident qu'un seul protecteur est ancré dans notre génome dans ce cas. J'ai l'habitude de dire avec un sourire que faire un enfant c'est s'engager pour 30 ans et parfois plus ! Les grand-mère penserons comme moi, je suppose.
Maintenant passons du coté "mâle protecteur" et revenons aux humains.
Les états appliquent des lois conformes à leur coutumes et leur bien public. Il est évident que la polygamie est exclue chez nous pour préserver la cellule familiale.
Toutefois les exceptions sont légions… mais presque silencieuses dans le domaine du pouvoir et de l'argent. Toutes les maîtresses des monarques, nobles fortunés, puis hommes politiques et bourgeois entrent dans cette catégorie.
Ah oui ! Mais ce ne sont que des maîtresses et ne font que des bâtards. Isabelle a cité Guillaume le Conquérant mais tous ces bâtards ont été assumés par leur géniteur. C'est vrai, l'histoire ne cite pas trop ceux qui furent étouffés ou noyés par manque de preuves, je l'admets.
J'ai été foudroyé par un documentaire sur le grand Lindberg, l'aigle solitaire qui a traversé l'Atlantique en 1927, et qui aurait eu 3 maîtresses en Europe, c'est pas rien pour un américain (ref : http://www.mystere-tv.com/charles-lindbergh-l-aigle-solitaire-aux-multiples-facettes-v5407.html).
Mais, enfin ! Toutes ces épouses n'étaient-elles tout de même pas dupes ou bien quelle innocence ? Ce que j'en pense ?
Que l'homme est naturellement du coté polygynie et la femme du coté monoandrie.
Mais l'homme doit faire à moins de le cacher.
Mesdames, vous qui avez passé le stade de la procréation, êtes-vous capables de supporter ce fait ou bien votre génome vous dicte toujours la primauté malgré la ménopause ?
Et vous Messieurs, si nombreux mais si muets statistiquement dans les forums, n'avez-vous pas butiné discrètement ailleurs la jolie gueuse?
Allez ! Cassez votre coquille sociale, que diantre !