L'hypercondrie

L'hypercondrie

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L'hypercondrie, ou le rejet des problèmes liés à la santé, est une pathologie mentale peu connue en France. Il suffit d’effectuer quelques recherches sur le sujet pour se rendre rapidement compte que l'hypocondrie, son opposé, est bien plus relayée par les magazines de santé. Les symptômes liés à l'hypercondrie sont encore méconnus. D'une manière générale, les personnes qui en sont atteintes refusent obstinément d’envisager une altération quelconque de leur santé. La peur de la maladie passe par le déni complet. Pour eux tout se passe et se passera bien quoiqu'il arrive. À première vue, il n'y a rien de mal à se montrer optimiste et positif à l’égard de sa santé. Cependant, lorsqu’une personne en est au point de fuir tout media relayant une épidémie de grippe dans le pays ou rejeter toute discussion sur la maladie, on peut parler d’hypercondrie, une pathologie aussi déplaisante à vivre au quotidien que l'hypocondrie. Creusons un peu. 

 

 

Ne pas confondre hypercondrie et hypocondrie

Il n'est pas rare que certaines personnes confondent hypocondrie et hypercondrie. Un hypocondriaque aura en permanence l'impression infondée de couver une maladie ou d'être atteint d'un cancer qui le détruit peu à peu. L'hypercondriaque quant à lui est dans le déni complet de la maladie. Il lui semble impossible d’être confronté à un quelconque problème de santé et ceci même lorsqu'il est vraiment atteint d'une maladie. Le point commun entre l'hypocondriaque et l'hypercondriaque est l'angoisse extrême d'être malade. Cependant les symptômes qui découlent de cette angoisse sont aux antipodes l'un de l'autre. L'hypocondriaque vivra en permanence avec une maladie imaginaire alors que l'hypercondriaque n'admettra jamais qu'il est malade et ne souhaitera en général pas consulter de médecin, même si cela s’avère nécessaire.  

 

Les dangers de l'hypercondrie

Si être hypocondriaque est compliqué à gérer et peut déclencher de véritables maladies à force de s'inquiéter pour rien, il est cependant moins dangereux de faire extrêmement attention à sa santé et consulter peut être trop régulièrement son médecin que l’inverse. L'hypercondrie peut en effet être une pathologie dangereuse du fait que la personne qui en est atteinte refusera d'admettre qu'elle est malade. De ce fait si l'hypercondriaque est possiblement atteint d'une maladie grave, il sera très difficile de le convaincre d'effectuer des examens pour le vérifier et se faire soigner. Sa peur d'être malade le contraint à ne pas vouloir connaître le diagnostic. Une mère hypercondriaque se rendra rarement compte que son enfant va mal. Dans son esprit elle se dira qu'il s'agit d'une bouffée de chaleur au lieu d’une forte fièvre ou d'une petite indigestion au lieu d'une gastro-entérite. L'hypercondrie est dès lors très difficile à vivre au quotidien.  

 

Comment apaiser cette pathologie ?

Tout comme dans le cas de l’hypocondrie, il n’existe pas de solution miracle pour soigner l’hypercondrie. Néanmoins il est possible d'en atténuer les symptômes en agissant sur la cause de la pathologie. Il est donc nécessaire d’essayer de comprendre d’où elle vient. L’hypercondriaque aura souvent vécu des épisodes traumatisants liés à la maladie ou à la perte précoce d’un proche. Si une analyse s’avère donc tout à fait pertinente, elle se doit d’être complétée par un travail sur le corps, la pathologie qui nous intéresse représentant clairement un trouble de la perception que l’on a de celui-ci. La sophrologie est dans ce cas tout a fait indiquée. Cette « pratique psycho-corporelle et méthode de relaxation de type dynamique qui a pour objectif de transformer nos angoisses ou phobies en pensées positives » permet de mieux comprendre ce qui se passe dans notre corps et faire face à certaines angoisses. Cela devrait permettre à l’hypercondriaque de lâcher prise, de relativiser, d’avoir moins peur de la maladie en se persuadant notamment qu’il existe aujourd’hui des traitements performants au cas où elle se déclarerait.  Le déni de la maladie pourra ainsi disparaître et l’hypercondriaque pourra accepter et reconnaître qu'il peut tomber malade sans que cela soit extrêmement grave.

En parallèle de ces thérapies, outre les anxiolytiques naturels tels que les Fleurs de Bach qui sont à privilégier pour atténuer les angoisses irrationnelles, une pratique régulière de la méditation permettra également de calmer l'esprit et ses angoisses pour se recentrer sur l’instant présent et la réalité.

 

Que vous inspire de ce thème ? Êtes-vous vous-même hyper- ou hypocondriaque ? Comment gérez-vous cette pathologie ? Vos témoignages nous intéressent.

 

Merci à ma collègue Charlotte pour sa collaboration.

 

 

Photo © Fotolia – Auteur : Lightfield Studios

Betty_Nelly, 03/07/2019

ainboy
1 | 03/11/2019, 21:40

hypo comme hyper sont des refus d'accepter la "juste" la réalité de sa propre vie, et comble du malheur, cela crée une souffrance supplémentaire...qui ne guérira pas la maladie...s'il y a. Alors, tant que peu cela soit possible, évitons d'introduire et de cultiver des chimères dans notre cerveau, car celles là sont les plus difficiles à guérir ! que sera, sera, and what ever will be, will be...bon courage et toute mon empathie à ceux et celles qui souffrent

solene14
3 | 03/08/2019, 13:59

Je dois être hypercondriaque, je fuis la médecine.
Le médecin me voit 2 fois par an pour un renouvellement d'ordonnance calcium et vit D, et c'est tout. Je n'accepte que les contrôles de mon squelette et comme remède rééducation sportive.
Je refuse tout dépistage où on vous trouve quelque chose que vous n'avez pas tout simplement parce que ça rapporte que vous soyez soi disant malade..... combien de cancers soi disant décelés. ....et tous les traitements lourds qui s'en suivent..... et qui n'était que supposition de cancer...
Je me soigne avec des tisanes aux plantes et des huiles essentielles. ...

marie93
3 | 03/07/2019, 18:14

J'étais dans la salle d'attente des urgences, et une mamie, qui avait été amenée de force a voulu sortir. Les médecins ont essayé de parlementer et elle leur a répndu, c'est mon corps, j'en fais ce que je veux.
Je suis d'accord avec elle ...
J'ai tant vu les traitements et les séquelles à chaque fois plus invalidantes que jamais je ne veux subir cela.
Alors, un deal avec mon médecin, les examens d'accord, si pas de séquelles d'accord. Si une grave maladie apparait, les chances de survie et je décide. Pas de protocoles, rien.
Je déciderai.
Bonne soirée à tous

biloum
3 | 03/07/2019, 15:37

Je suis à la fois Hyper et Hypo .........CONDRIAQUE

J'ai une sainte horreur des blouses blanches.....et surtout des odeurs d'hôpitaux ! Rien que d'y penser j'en ai des frissons.

Oui , j'ai tort je le sais .........!!! mais je Flippe je flippe ! le mot n'est même pas assez fort. je flippe vraiment beaucoup TROP au point d'ignorer les courriers émanant des centres de dépistage.

Sauf ! UN ! UN seul .......celui de la mammographie...............

Je vous éviterai la description détaillée de mon état d'anxiété à commencer par celle ressentie dans la salle d'attente, puis , crescendo, celle qui grandit pendant l'examen

Quant à celle que je connais après l'examen ..............Au secours ! Mains moites, palpitations..........Bref ! que du bonheur !

Le pire c'est que, depuis le temps, je ne sais toujours pas gérer mon stress, mon inquiétude ..........Je n'imagine rien d'autre qu'un scénario catastrophe .pendant 20 longues minutes........L'horreur !

mayah_12
1 | 03/07/2019, 11:40

Mon frère hélas en est un , résultat : un cancer de la prostate diagnostiqué quand il n'a plus pu éviter le toubib, d'où chirurgie + radiothérapie. Il va bien...on attend le prochain contrôle. Je le suis un peu aussi : j'ai attendu d'avoir le bras bloqué par trop de douleurs à l'épaule pour consulter et découvrir que la coiffe des rotateurs était pétée d'où grosse chirurgie.
Cath76 a raison : la prévention, c'est ce qu'il y a de mieux, mais ce n'est pas trop dans notre culture.

Dokkaz
2 | 03/07/2019, 11:13

Je ne cours pas chez le médecin au moindre bobo et je me soigne beaucoup par phytothérapie. Ça fonctionne et la machine n'est pas en trop mauvais état. Ni hyper, ni hypo, j'ai juste beaucoup de chance d'avoir une très bonne santé.

Bonne journée.