La colère

La colère

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Un objectif non atteint, une blessure dans son amour-propre : les explosions de colère ne se produisent pas par hasard. Réaction émotionnelle, tension sous-jacente persistante, la colère est ressentie dans de multiples situations et la « libération volcanique » de l'agressivité amène soulagement, voire jubilation. Néanmoins, qu’elle soit verbale ou exprimée par écrit, la colère n’apporte rien de bon, s’y attarder est une perte d’énergie et peut se retourner contre vous.

 

Frustration et agressivité

La frustration, au même titre que le reste des émotions, peut nous mener à avoir un comportement agressif. Il importe d’identifier le degré d’intensité avec lequel elle se manifeste et la manière dont elle se régule. Certaines personnes ressentent une frustration disproportionnée par rapport à ce qui la déclenche et, de plus, y répondent de manière exagérée, avec des explosions de colère et d’agressivité : elles souffrent de ce que l’on appelle le « trouble explosif intermittent ». Il ne s’agit pas de quelque chose de ponctuel, mais d’un état émotionnel incontrôlé qui est récurrent dans le temps. Si les accès de colère sont souvent justifiés, ils peuvent également être provoqués par une situation que la personne perçoit de manière négative, mais que d’autres géreraient facilement, comme par exemple une dispute au travail, une critique de son entourage, une incompatibilité de caractère, un avis divergent sur certains sujets…

 

Conséquences fâcheuses

Selon certains philosophes grecs, Aristote notamment, la colère peut faire souffrir celui qui l'exprime mais susciter un sentiment d’exaspération voire de mépris des autres. Effectivement, contrôler les pulsions agressives est quelque chose de fondamental pour vivre en société. Sinon les personnes autour peuvent finir par avoir envie de prendre leurs distances, par peur des explosions et de leurs conséquences. Outre la perte de crédibilité et l’indifférence progressive de l’entourage, il ne faut pas oublier que ces colères peuvent avoir des répercussions sur la santé physique. En effet, il s’agit de véritables bombes à retardement qui finissent par se manifester sous forme de problèmes de vésicule biliaire et autres troubles digestifs, de migraines, d’arythmies ou encore d’éruptions cutanées.  Dans le pire des cas, il existe également un risque d’accident vasculaire cérébral… 

 

Canaliser la colère de manière constructive

Éloignez-vous de ce qui vous énerve : vous arriverez ainsi, plus facilement, à recouvrer votre calme. Essayez de concentrer toute votre attention sur vos inspirations et vos expirations, jusqu’à ce que votre rythme cardiaque se calme enfin. Forcez-vous à voir le positif d’une situation, même désagréable. Vous pouvez aller jusqu’à pousser un peu l’exercice, en vous efforçant de rire de la situation… Ceci vous aidera à passer à autre chose, tout en vous permettant de mieux gérer vos émotions si une situation similaire devait se représenter. Parlez-en avec une personne de confiance. Effectivement, le simple fait de dire à voix haute ce qui nous frustre a pour effet de dédramatiser la situation. De plus, verbaliser permet de prendre une certaine distance, d’y voir plus clair et d’apprendre à lâcher prise. Repensez votre manière de voir la vie, en vous accordant, entre autres, le droit à l’erreur. Faites le point sur toutes les fois où vous vous êtes mis en colère. Questionnez-vous sur la pertinence de se mettre dans un tel état. Vous constaterez qu’au minimum, une fois sur deux, la colère n’était pas justifiée. Relativisez. Changez votre vision du monde : essayez de voir et comprendre le point de vue des autres. Enfin trouvez un passe-temps, concentrez-vous sur des choses que vous aimez et vous font du bien. Par exemple plutôt que de faire exploser votre colère, mettez en valeur vos qualités et faites partager vos talents ! La pratique de plusieurs activités, créatives, caritatives, sportives, etc. ainsi que la méditation vous permettront de vous détendre et d’être moins sujet (te) aux colères.

 

Nous vous laissons méditer ces paroles de Nelson Mandela.

« En sortant par la porte vers ma liberté, j’ai su que si je ne laissais pas derrière moi toute la colère, la haine et le ressentiment, je resterais un prisonnier. »

 

Les accès de colère sont-ils toujours justifiés ? Peut-on interpréter la colère comme la conséquence d’un mal-être et d’une grande frustration ? Si vous êtes vous-même coléreux ou connaissez des gens coléreux, vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : Andreas

Betty_Nelly, 09/05/2019

AMELIE97
2 | 09/06/2019, 17:07

En vous lisant, je vois qu'il y a colère salutaire : celle qui armée de bien d'autres colères proteste contre une situation inacceptable, qu'il y a colère de frustration ; individuelle, elle met la victime encore plus en échec... et ce n'est pas en lui apprenant à dominer sa colère que l'on va forcément l'aider, mais en l'aidant à sortir des griffes de son bourreau...
La colère m'a été habituelle, elle m'est encore occasionnelle. Quand je songe aux pièges dépassés, je me dis qu'aujourd'hui, bien que plus froide et réfléchie et connaisseuse, je serai incapable de supporter, parce que je sais tout simplement que c'est anormal ce que je ne savais pas autrefois, car je pensais que c'était moi, l'anormale...
Certes, la vésicule a été enlevée, la thyroïde aussi, mais les vivants de la colère ont été relégués ou sont morts...
Et puis, enfin, arrivée à un certain stade de recul et de détachement en même temps, je me suis rendue compte que la cohérence cardiaque était un excellent exercice (voir You tube...), que nos principes judéo-chrétiens ne valaient pas un clou car ils ne font qu'entériner faussement de fausses différences, car quelle est la différence de fond entre celui qui exerce aisément sa colère en puissant et celui qui l'exerce à en étouffer en impuissance ? Il faut aussi modifier notre fond de pensée philosophique...