Sylt, reine de la mer du Nord

Sylt, reine de la mer du Nord

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Surnommée reine de la mer du Nord, Sylt, rattachée à l’Allemagne, est la plus septentrionale et la plus grande des iles frisonnes. Elle est née au XIV è siècle, après que des tempêtes successives l’aient détachée du continent.  Sa forme originale d’ancre s’étend sur 35 kms de long et 13 kms de large. L’île est accessible par voie ferrée (train classique et auto-train) depuis le continent grâce à sa digue construite en 1927. Située face au Danemark dont elle est toute proche, Sylt est classée en partie réserve naturelle. On s’y rend pour profiter de ses immenses plages, se balader au milieu d’une nature sauvage et admirer ses paysages contrastés qui sont sublimés par cette lumière du nord si caractéristique. Sylt offre un écosystème extrêmement riche qui fait face à de nombreux enjeux écologiques, dont le tourisme de masse. Petit tour d’horizon.

 

Ambiance balnéaire à l’ouest, mer de vase à l’est

Ouverte sur la mer du Nord, la côte ouest de l’île est une longue bande de sable blanc bordée de magnifiques dunes et de chemins ornés de roses sauvages et d’aubépines. Sur la plage sont proposés à la location de grands sièges cabine en osier qui servent à se protéger du soleil, et surtout du vent souvent intense sur l’île. Confectionnés à la main, ils sont confortables et très pratiques puisqu’on y tient à deux, qu’on peut ranger ses affaires de plage dans les tiroirs intégrés et qu’ils sont même équipés d’une petite tablette rabattable pour poser son verre à l’heure de l’apéro ! Côté est, l’île fait face au Danemark tout proche, de laquelle elle est séparée par une zone de vase qu’on appelle le « wattenmeer ». Cette zone évolue quotidiennement en fonction des marées. A marée basse, elle se découvre presque complètement et laisse apparaitre une étendue vaseuse qui, malgré son aspect inhospitalier, abrite une vie organique et biologique d’une grande richesse. Elle représente un garde-manger très apprécié des oiseaux migrateurs.  Plusieurs associations proposent des excursions accompagnées pour découvrir cet incroyable écosystème. Enfin, c’est aussi une zone de prés salés où gambadent des moutons en liberté.

 

Ambiance bucolique et art de vivre raffiné

Le reste de l’île est contrasté avec au nord ce qu’on appelle le « coude », qui offre des paysages lunaires saisissants et au centre une nature préservée ponctuée de champs, de pâturages et de zones plus sauvages. A noter aussi que l’île est « encadrée » de magnifiques falaises dont les couleurs sont très caractéristiques : blanches, rouges ou vertes. Sylt se parcourt de préférence à pied ou à vélo. Elle fait le bonheur des cyclistes puisqu’elle propose un impressionnant réseau de pistes de presque 250 kms !  Côté architecture, c’est la maison frisonne typique qui domine : briques rouges, toit de chaume et fenêtres à petits carreaux. Le tout étant toujours très bien entretenu, souvent par une classe sociale élevée qui y possède son lieu de villégiature. On aime aussi Sylt  pour ses restaurants et autres salons de thé gourmets qui foisonnent. Pour les porte-monnaie plus modestes, les petits pains au poisson (crevettes, crabes, saumon…) sont très populaires et délicieux !

 

Le Saint-Trop' allemand…

Le tourisme sur l’île s’est développé au XIX e siècle et plus encore après la construction de la digue qui la relie au continent. Elle est depuis les années ’60 un haut lieu de rencontre de la jet set allemande, des stars de cinéma, écrivains et autres artistes reconnus et des super riches. Même Brigitte Bardot l’a fréquentée en compagnie de Günter Sachs ! Les grosses berlines, voitures de sport et de collection qui la sillonnent et les magnifiques villas cachées derrière les dunes en témoignent. Cette recherche d’exclusivité entraine une augmentation exponentielle des prix de l’immobilier qui contraint les locaux à quitter l’île. Cela n’est pas sans conséquences sur le réseau d’infrastructures publiques (fermeture d’écoles, de la maternité, départ des pompiers professionnels…).  La crainte est aussi de voir la vie locale et associative disparaitre. Comme pour beaucoup de zones naturelles d’exception se pose également la question de l’impact de l’affluence touristique sur l’environnement. Sylt accueille aujourd'hui près d’un million de visiteurs par an, presque le double d’il y a 20 ans ! Le réchauffement climatique est bien une réalité puisque l’ile rétrécit chaque année de plus d’un mètre et se voit obligée d’importer de grandes quantités de sable… Alors autant en profiter encore un maximum, ce que je fais généralement au moment des congés de Pentecôte :-)

Connaissez-vous l’île de Sylt ? ou d’autres "perles frisonnes" ? Passez-vous volontiers vos vacances sur une île en particulier ? Vos témoignages nous intéressent !

 

Photo © Adobe – Auteur : egerer-fotografie

charlotte4575, 06/10/2021

AMELIE97
5 | 06/11/2021, 05:58

Bjr Charlotte, J'aime beaucoup ce reportage. Je ne connaissais l'île de Sylt que de renom, mais vous m'en apprenez davantage. Elle est devenue presqu'île comme sa voisine danoise Romo au nord et ses petites soeurs allemandes Oland et LangeneB, elles couplées en enfilade par le même lien avec le continent et la toute petite Nordstrandismoor. De même que Oléon et Ré, mes îles charentaises, Sylt et les autres îles frisonnes devenues presqu'îles ont perdu et perdront de plus en plus leur authenticité mais aussi leur nature préservée, et deviendront un rendez-vous de vacances de riches et de visites éclairs de la foule aux petits moyens. Dommage.
Ce charmant archipel frison était connu de mon frère et de ma belle-soeur lorsqu'ils travaillaient à Hambourg entre 1965 et 1970 ils s'y sont rencontrés, et manifestement y ont pris le goût des eaux froides car je ne les ai jamais vus craindre nos eaux de l'Atlantique, dès qu'un rayon de soleil apparaissait été comme hiver...
Pour ma part, j'aime les îles ensoleillées, et il faut dire que les îles ont cela de privilégié, c'est qu'elles jouissent plus du soleil que le continent. Les îles bretonnes sont une splendeur et certaines photos font penser à des îles des mers du sud.... Je me souviens très bien, du temps où je travaillais à Oléron - avant la construction du pont - qu'il faisait beau sur l'île et qu'arrivés à l'embarcadère pour rejoindre en week-end le continent, et bien il y avait un brouillard à couper au couteau et aucun des bacs ne voulait partir. C'était un peu comme si l'île s'isolait davantage dans son propre univers. Sur l'île en hiver, nous nous passions de chauffage... il faisait 16/17° dans nos logements et la nuit la température ne descendait pas au-dessous de 15° et dans les bureaux c'était chauffé et nous étions tous sans pull. Climat océanique donc très doux. D'ailleurs je travaillais au sanatorium pour enfants et le jardin avait ainsi des fleurs toute l'année.
J'habite sur une île, l'île de la Réunion. Je n'y suis pas venue pour y rester mais j'y habite depuis 23 ans maintenant. J'aime mon île comme j'ai aimé toutes les îles où j'ai vécu ou passé des vacances, que ce soient celles de l'Atlantique, de la Méditerranée, de l'océan Indien, de la mer de Chine, du Pacifique. l y a des navigateurs du tour du monde qui vont d'île en île par choix, et je les comprends tout à fait. En haute mer, la recherche et l'approche de l'île demeurent, même de nos jours, quelque chose qui relève de la quête d'espoir et de survie du si beau et si triste roman "l'île de la sirène".