Chapeau !

Chapeau !

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À l’origine, le chapeau a pour but de protéger la tête et les oreilles du froid, des intempéries, mais aussi du soleil. Sa fonction a évolué au cours du temps. Il fut un accessoire permettant d'exprimer sa stature sociale, son autorité, son appartenance professionnelle, avant de devenir un accessoire de mode à part entière. Nous évoquerons son rôle au niveau social et professionnel, avant d’aborder l’originalité et le caractère unique qu’il a conféré aux héros de cinéma. Enfin, nous nous pencherons sur la garde-robe de la reine d’Angleterre, une inconditionnelle de cet accessoire…

 

Chapeau et statut social

De tout temps, le chapeau a permis d’affirmer à son porteur son statut social, ainsi que son appartenance à une ethnie ou à un clan. A la Renaissance, on agrémentait la toque avec des plumes et leur nombre évoluait selon le rang de la personne : 1 pour le chevalier, 3 pour le baron etc. Dans les années 1810, le haut de forme est un véritable symbole de l’homme bourgeois. Ce chapeau procure à l’homme qui le porte une élégance, grâce à la hauteur de la calotte et son allure imposante. Il imposait alors la déférence, était symbole d’argent et de rang social élevé. Cet attribut perdure jusqu'au début du XXème siècle, puis au cours de sa seconde moitié, le chapeau est peu à peu abandonné, suite sans doute au tarissement des signes de distinction sociale mais également à cause de son côté peu pratique.

 

Couvre-chef et corps de métier

Au XIXe, les agents de l’administration se voient dotés de vêtements spécifiques assortis de chapeau : bicorne noir pour l’administration centrale en usage jusqu’au milieu du XXe siècle, le képi pour la préfectorale et la coloniale. Le képi est également attribué aux grands services de l’État (services pénitentiaires, police) ainsi que la casquette, qui s’est plus largement imposée depuis les années 1980 (portiers, concierges, chefs de gare). Le vêtement ecclésiastique assorti d’un bonnet carré à partir du XVIIe siècle laissa place au béret. Les premiers casques de protection civils ont été créés en cuir ou en cuivre pour les forces de police et les pompiers. Ils ont été étendus aux activités sportives (cheval, cyclisme, moto).

 

Le rôle symbolique du chapeau au cinéma

La popularité des chapeaux portés aujourd’hui est à mettre en grande partie sur le compte du cinéma. En effet, le chapeau donne à l’acteur un style unique et du caractère. Avec cet accessoire, le héros imprègne nos mémoires. En voici quelques exemples parmi une longue liste.

Le deerstalker, est une casquette de chasse écossaise, popularisée par le célèbre détective de fiction Sherlock Holmes. Chaude et dotée de deux visières, cette casquette protège à la fois le visage et la nuque.

Le chapeau melon est un chapeau de feutre rigide à la visière arrondie. Dans les Temps Modernes, Charlie Chaplin emprunta ce type de chapeau pour appuyer l’aspect comique de ses performances. Il était à la recherche de la contradiction entre ce chapeau destiné à l’origine à la haute société et son personnage potache.

Le chapeau de cow-boy (dont la marque la plus connue est Stetson) se caractérise par ses larges bords et sa calotte haute. A l'époque utilisé par les cow-boys dans les ranchs américains, il est aujourd’hui aux USA le chapeau de prédilection des chanteurs et danseurs de country, des éleveurs de bétail ou des participants de concours de rodéo. Petit clin d’œil au célèbre Lucky Luke qui se servait de ce chapeau comme protection contre la lumière lors d’une sieste au soleil…

Le gambler ressemble un peu au chapeau du cowboy, mais sa calotte est ronde. Il fut porté par Clint Eastwood dans le film Le Bon, la Brute et le Truand.

Le fedora (plus connu sous le nom de son fabricant Borsalino) est fait de feutre mou en poils de lapin ou de daim, recourbé derrière et plat devant. Il fut porté entre autres par Humphrey Bogart dans Casablanca, par Delon et Belmondo dans Borsalino, par Harrison Ford dans Indiana Jones ou encore par Michael Jackson pour interpréter Billie Jean.

Le tribly est un chapeau issu des chapeaux classiques en tissu ou en feutre, notamment popularisé par les Blues Brothers.

Pour finir en beauté, citons également le chapeau Belle époque, très large et en forme d’abat-jour, magnifiquement arboré par Audrey Hepburn dans le film my Fair Lady.

 

Élisabeth II :  la reine du chapeau !

Les femmes de la famille royale britannique ne sortent jamais sans chapeau : il s’agit d’un protocole qui remonte à bien avant le couronnement de la reine Elizabeth II. A l’époque, il n’était pas bien vu pour les femmes ayant un certain statut de montrer leurs cheveux en public…  Véritable addict du chapeau, la reine Élisabeth II en porte depuis des décennies : c’est un incontournable de sa garde-robe. Probablement la mamie la plus apprêtée de la planète, la souveraine anglaise a arboré fièrement des centaines de chapeaux différents, parfaitement assortis à ses tenues et aux types d’évènements. Passée par tous les styles et toutes les couleurs, elle a osé plus d'une originalité avec des chapeaux improbables : style pièce montée, bouquet de fleurs, glace à l'Italienne, macaron, à plumes, à fleurs ou encore à perles et strass, un vrai défilé de couleurs ! Depuis quelques années, elle porte quasiment toujours la même forme de chapeau entre le canotier et la cloche. Quant aux fourrures couvrant les casques de sa garde royale, ils proviennent d’ours bruns du Canada...:-( Chaque casque est orné d’un plumet, dont la couleur varie en fonction du régiment : blanc pour les Ecossais, rouge pour les Anglais, bleu pour les Irlandais, vert et blanc pour les Gallois.

 

Qu’évoque pour vous ce bel accessoire ? A quel personnage associez-vous le chapeau ? Portez-vous volontiers un chapeau et si oui, lequel, et à quelle occasion ?

 

 

Photo © Adobe – Auteur : skyoftexas

Betty_Nelly, 12/09/2021