Je me demande s'il y a des lecteurs de cette trilogie de Virginie Despentes sur le site ?
Des fans ? des moins fans ?
Bonsoir
Oui, j'y fait allusion dans ce même forum "art et culture", dans le fil "les livres", page 13 (sous un ancien pseudo, météorite :wink: )

je suis totalement fan de cette trilogie... :)
La première chose qui m’interpelle dans cette trilogie foisonnante de personnages et de points de vue, c’est l’absence de clefs posées en évidence. On est immergé dans la vie. Livrés à nous-même et aux autres. Despentes ne suggère rien en termes de direction, de choix, de morale. Elle laisse parler les personnages qu’elle invite dans son œuvre.
Au fond Vernon Subutex est l’antithèse de tous les autres personnages. Les autres personnages fondent leur vie, leur comportement, leur raisonnement, sur leur convictions qui transmutent la réalité. D’où viennent ces convictions ? D’où vient pour chacun des personnages sa représentation du monde ? Nous sommes dans un roman, pas dans un traité de sociologie.
Vernon Subutex est le pur. Il vit. Il ne dirige pas sa vie. Il ne calcule pas. Il ne se représente rien. Et in fine les évènements ne le maltraitent pas plus que ceux qui prétendent se diriger grâce à leur vision.
Un critique écrit : « qui est VS une légende urbaine ? » Tous les autres personnages correspondent à une typicité spécifique. Despentes nous créé complaisamment une galerie de personnages typiques, bien réels, et pour les réunir elle convoque un non-être, ou une légende, VS.
Tous les personnages du livre ont droit à un ou plusieurs morceaux de bravoure dans lesquels ils expriment leur façon de penser. Chacun est prisonnier de sa façon de penser. Leur monde est une représentation et une volonté. Ils peuvent se juxtaposer / côtoyer. Il leur est beaucoup plus difficile de se rencontrer. Pour être ensemble il faut planer sur les sons d’Alex ou danser sur les playlists de Vernon.
Il n’y a plus qu’un seul sentiment générique qu’ils ressentent tous la haine. Mais à l’égard d’une multitude d’évènements, de gens. Il y a au moins autant de haines différentes que de personnages.
La naïveté ou l’oubli, pourrait nous amener à conclure que le monde devient haine. Je pense plus simplement que la haine (à défaut de la foi) demeure.
« La haine est un contact. On ne déteste cordialement que ceux qu’on côtoie de près. Est-ce qu’on a déjà vu en France des mouvements de racismes anti péruviens ? Jamais. » Tome 3 LDP page 145
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