La question que je voudrais essayer de poser est une "vraie" question, ce n'est ni une provocation, ni un sujet sur lequel j'ai une amorce de réponse : qu'entendez-vous par "spiritualité" ?
Elle aurait tout autant sa place dans la rubrique "philosophie", mais je crois qu'elle découle logiquement du sujet précédent.
Je m'interroge sur le sens de ce terme parce que, comme je l'avais laissé entendre, je suis en contact plus ou moins direct avec de nombreuses praticiennes de médecines alternatives ou autres techniques de "bien-être" ou de mieux-être - qui, incidemment, sont souvent tentées par des approches que je ne trouve pas fondamentalement différentes de l'adhésion à une religion ou une secte, mais là n'est pas la question que je veux soulever.
Ce que je trouve intéressant dans certaines médecines traditionnelles ou certaines techniques "énergétiques", ainsi que dans certains courants de pensée extra-européens, c'est précisément qu'ils ne séparent pas l'esprit du corps ; que la distinction entre le "matériel" et le "spirituel" qui est ancrée dans notre vocabulaire, et donc dans nos catégories mentales, tend à s'effacer au point que l'un et l'autre perdent toute signification.
Par exemple, je n'ai pas de position tranchée, de scepticisme définitif par rapport à des éléments extra-biologiques comme les méridiens de la médecine chinoise, les chakras ou même l'aura, je constate que certaines approches comme la kinésiologie "fonctionnent" sans qu'il y ait besoin que le "patient" y adhère. Mais si on admet que les "énergies" jouent un rôle aussi efficace que les éléments organiques observables ou les processus chimiques reproductibles en laboratoire, il me semble que cela tendrait à montrer qu'il n'existe pas de limite claire entre ce que l'on considère comme "purement matériel" d'une part, et ce qui relèverait de "l'esprit" ou du non-tangible de l'autre (notre représentation mentale de la "matière" étant par ailleurs tributaire des limites et de l'échelle de notre perception).
Plus simplement (enfin, j'essaie, et c'est pas fastoche !) et plus généralement, la pensée, les sentiments, les croyances, les valeurs morales, tout ce qu'on ne peut tenir au bout d'un scalpel ni mesurer dans une éprouvette, se situent-ils dans une "sphère" totalement distincte de la circulation sanguine, de la régénération de nos tissus, de la production d'endorphines, etc. ?
On n'a évidemment aucune vision globale de la manière dont s'articulent le physique et le psychique, encore moins de la "nature" (terme qui traduit bien les limites de notre entendement) de la vie ou du mouvement, mais est-ce que cela justifie une dichotomie qui, comme tout acquis humain, est le produit d'une culture - y compris, en ce qui nous concerne, de la culture chrétienne qui s'est toujours efforcée de blâmer et brimer le "corps", de créer les deux univers artificiels d'une vie "terrestre" et d'une vie "spirituelle" ?
J'aimerais avoir l'opinion ou le "ressenti" des personnes qui, en présentant sous le vocable "spiritualité" quelque chose qui s'apparenterait à un état de conscience "supérieur" (mais supérieur à quoi ?), semblent marquer une opposition que, par ailleurs, elles nient.

Et si c'est clair comme du jus de chique, pas de souci, je retire le message ! :lol:
Je voudrais rebondir sur le sujet : médecines alternatives, techinique de bienê tre ou énergétiques .

Il y a quelques années, je me suis intéressée au"REIKI" pensant que cela pouvait apporter du bien à mon prochain.
J'ai suivi une "initiation" dans laquelle je me sentais bien, il faut dire que tout s'y prêtait : la pénombre, le calme, les visages fermés ... et personnellement lorsque j'imposais mes mains au dessus d'un corps, je me sentais moi-même dans un calme absolu....
Puis on m'a dit : Pour pouvoir exercer, il faut voir le "Maitre", et passer par un séminaire de trois jours pour avoir "l'initiation suprême" . Prix à l'époque : 1400 frans les trois jours .... Secte ou pas ?
En tous cas, je n'ai pas continué, mais j'ai relevé le témoignage d'une adepte que voici :

Je t'ai sentie seulement énergie, j'ai vibré dans le temps. Je me suis retrouvée devant Dieu, Jésus, devant l'amour inconditonnel. J'ai parlé avec cette énergie d'amour. Mon corps physique a pleuré et mon âme s'est libérée.Je me suis ensuite retrouvée devant le Chaman avec qui j'ai travaillé longtemps. Son corps n'était pas comme les autres corps physiques, il ressemblait à un homme-oiseau.

Je suis de religion catholique, j'ai ma propre spiritualté, pas spécialement ramenée à l'église, mais dans ce domaine je me pose des questions : Charlatan, Secte ou vrai spriitualié de l'âme ?
glodia a écrit : domaine je me pose des questions : Charlatan, Secte ou vrai spriitualié de l'âme ?


Concernant le Reiki, je peux apporter une réponse partielle, il ne s'agit pas en principe d'une "religion" - ou du moins, ce ne devrait pas l'être - mais il existe tant de "chapelles" qui revendiquent l'authenticité exclusive de la technique qu'il y a de quoi s'y perdre.
De dérives sectaires dans le sens d'une aliénation de la personne ou d'une obédience à un "maître", je n'ai pas connaissance, mais là encore, comme il n'existe aucun contrôle sur la pratique, tout est possible. Non pas à cause du Reiki lui-même, mais des options personnelles du "praticien" qui l'associera souvent à d'autres méthodes (ce qui est plutôt sain), ou l'intégrera à un système de croyance qui lui est propre, ce qui peut devenir assez dangereux.
J'ai énormément de réticences d'ordre "rationnel" par rapport au Reiki, là encore je suis obligé de témoigner que "ça fonctionne"... mais peut-être pas entre toutes les mains.

Question (et réponse) à déplacer, à mon avis, dans une autre rubrique.
Oui, je sais que cela fonctionne, j'ai été moi-même soignée "à distance", mais peut-être n'ai-je pas rencontré les bonnes personnes qui auraient pu faire aboutir ma démarche .
Merci pour cette réponse.
Questions et réponses à déplacer dans une autre rubrique.
Sans doute avez-vous raison, mais j'ai saisi la balle au bond ! ........
Comme Philémon laisse entendre qu’il a mis dans ce sujet un brin de provocation (ce qui n’a rien de vraiment étonnant) et que la question nourrit l’embryon d’une réponse annoncée (ce qui n’étonnera certainement personne – rendons à César…) je me montrerai plus que circonspect dans ma contribution au débat qu’il initie, en déroulant ce qui à mes yeux fait que la spiritualité mérite d’être ici commentée.

La spiritualité, vaste, ENORME sujet, immédiatement me suggère la notion du « divin » et par extension historique celle des religions « humaines » (simple précaution oratoire pour le cas où il y en aurait d’autres). Pourtant la « spiritualité » définie comme la « qualité de ce qui est de l'ordre de l'esprit - considéré comme un principe indépendant - de ce qui concerne l'esprit ou dont l'origine n'est pas matérielle » ne présuppose pas forcément l’existence d’une ou de multiples forces supranaturelles, spirituelles ou non, pluriels ou singulière. Mais comme on ne se refait pas (la religion que l’on m’a « donnée » à ma naissance ayant laissé quelques traces indélébiles) je camperai sur le divin, en premier ressort (c’est plus confortable).

« Orandum est, ut sit mens sana in corpore sano » - « qu’oraison soit faite pour un esprit sain dans un corps sain » qui est la citation complète tirée des Satires de De Juvénal (Décime- Jules pour les intimes) rappelle que déjà dans le « monde » romain du IIème siècle, on devrait associer corps et esprit dans un tout interdépendant (…, mais avec l’aide des dieux - ce qui laisse entendre qu’l ne s’agit pas là d’une mince affaire…).

Si le concept était novateur, on notera qu’il a de tout temps séduit les penseurs et pour tout dire : l’association (l’assimilation) de l’esprit et du corps me conviendrait assez bien dans ce contexte. En effet, on ne peut que rappeler l’importance des choses du corps dans les religions et pour celle que je connais le mieux je rappellerai quelques évènements mentionnés dans les Evangiles : Le baptême dans les eaux du Jourdain , la pêche miraculeuse, la multiplication des pains et des poissons, les guérisons dont celle de l’aveugle au moyen de salive et de boue, la Cène, le repas avec les pèlerins d’Emmaüs, où la spiritualité (sans guillemet) purifie, nourrit et guérit les corps… et les esprits (ces « paraboles » étant à considérer dans un cadre spirituel où l’image vaut enseignement). Faut-il rappeler que pour les Chrétiens « tous vos cheveux sont comptés » ce qui rassurera sans doute nombre de chauves (!) ne serait-ce qu’au premier degré d’interprétation.

Les néo-religions et leurs dérives sectaires pseudo-scientistes (tout comme les religions ancestrales ont pu en engendrer et les engendrent encore) n’apportent à mon avis qu’un peu plus de confusion dans la légitime réflexion que conduit l’homme face à son destin et sa très naturelle quête de « spiritualité » (entre guillemets) quant aux mystères dont son propre univers est pétri et qu’il ne cesse de sonder.

Pour moi, la spiritualité (avec ou sans guillemets) ne peut être débattue. Elle m’est personnelle, intérieure, secrète. Si elle se découvre parfois au travers des écrits des philosophes, moralistes et exégètes de tous poils, elle se révèle (à mon avis) au fond de nous-même comme le fruit de notre seule capacité d’abstraire, ce qui fait notre intelligence du monde si particulière. Une anomalie de la connaissance peut-être ?... ou bien tout ce qui nous distingue du reste du monde animal ?


PS : j'ai comme l'impression que je suis encore hors sujet (!)
qu'importe Ponpon Philémon Gloria et autres amis les hors sujets, ce sont les meilleurs
je suis fan
Ladyee a écrit : qu'importe Ponpon Philémon Gloria et autres amis les hors sujets, ce sont les meilleurs
je suis fan


Disons que le hors-sujet est souvent une manière de recentrer une question qui n'était peut-être pas posée correctement au départ. Merci, ponpon, et "no further comment", je vais prendre le temps de digérer tout ça paisiblement...
"La question que je voudrais essayer de poser est une "vraie" question, ce n'est ni une provocation, ni un sujet sur lequel j'ai une amorce de réponse : qu'entendez-vous par "spiritualité" ? Elle aurait tout autant sa place dans la rubrique "philosophie", mais je crois qu'elle découle logiquement du sujet précédent. (...) J'aimerais avoir l'opinion ou le "ressenti" des personnes qui, en présentant sous le vocable "spiritualité" quelque chose qui s'apparenterait à un état de conscience "supérieur" (mais supérieur à quoi ?), semblent marquer une opposition que, par ailleurs, elles nient."

A part la digression sur des trucs auxquels je ne m'intéresse que très peu (et sans doute ai-je tort) il me semblait que la question était claire, à moins que le vrai sujet soit précisément au coeur de l'envoi (... et là j'ai comme un mauvais pressentiment).

Il est vrai que l'on ne comprend que ce que l'on veut bien comprendre et pour çà... je suis un vrai spécialiste (!).
ponpon a écrit : A part la digression sur des trucs auxquels je ne m'intéresse que très peu (et sans doute ai-je tort) il me semblait que la question était claire, à moins que le vrai sujet soit précisément au coeur de l'envoi (... et là j'ai comme un mauvais pressentiment).


Non, ce que tu as pris pour une digression était pour moi un exemple, celui qui me venait immédiatement à l'esprit parce qu'ils se trouve que, parmi mes connaissances, celles qui se gargarisent avec le mot "spiritualité" sont des adeptes de médecines "douces", "naturelles", "traditionnelles", et autres techniques qui font appel à ce qu'elles désignent par le mot "énergie".
La coïncidence ne te parle peut-être pas, mais je crois que celles qui connaissent ce "milieu" comprennent ce que je veux dire - voir dans le sujet précédent le détournement du mot "foi" vers la croyance en une Energie universelle avec un E majuscule..
Ta réponse est effectivement adaptée à l'énoncé général de ma question, mais à ce stade je ne vois toujours pas clairement la différence entre ce que tu appelles "ta spiritualité" et ce qu'on désigne plus banalement sous le terme de "conscience", dans tous les sens du mot.
Lisant Philémon dire en introduction qu'il ne mettait aucune provocation dans son questionnement, j'avais bien raison d'anticiper le piège qui consisterait à s'avancer en terrain découvert sans reconnaissance préalable, car provocation* il y a bien... au moins au sens où l'entend Monsieur Brecht.

Mes amis, lisez toujours attentivement le sujet avant de vous embarquer sans biscuit car la voici bien la question qui m'est retournée : quelle différence entre "ta spiritualité" et ce qu'on désigne plus banalement sous le terme de "conscience", dans tous les sens du mot (ben voyons...!)

Et là... il va falloir en avoir taillé des crayons et bu des mugs de thé à ne plus savoir dormir pendant des jours avant que mon pauvre esprit malade puisse proposer une réponse décente à défaut d'être acceptable... mais je ne désespère pas qu'un jour, ou une nuit...

Tout ceci étant jeté sur la table avec un large sourire et sans atout (!)

Nota* : "La provocation est une façon de remettre la réalité sur ses pieds." Bertolt Brecht
Ex abrupto, j’aurais dit que la "conscience" est de ce que je sais et que la "spiritualité" est ce que je pense, mais celà parait plus compliqué dès qu’on l’on confronte ces deux mots au concept d’universalité surtout si l’on parle d’une présupposée "Energie universelle" - le grand "E" laissant entendre qu’il ne s’agit pas là d’une des énergies soumises aux lois de l’entropie* mais d’une énergie "supra-naturelle" pour ne pas dire surnaturelle.

Nombre de chercheurs-penseurs ont travaillé cette question d’une "Energie universelle" dont Teilhard de Chardin** qui tenta de rapprocher scientifiquement le "matériel" et le "spirituel" (démarche alors peu appréciée du Saint Siège, pour le moins).

Ainsi, cher Philémon, pour répondre à ta question : si MA spiritualité telle que je la conçois est certainement plus "teilhardienne" que "new age", MA conscience s’évertue à intégrer les principes d’universalité que ma spiritualité me laisse pressentir. Quant aux énergies auxquelles tu fais référence, je crois que l’homme "non fini" et disposant d'un potentiel d'évolution psychique certain sera un jour capable d’en utiliser les ressources. Que quelques-uns l’ai pu hier ou le puisse aujourd’hui est possible (ce qui expliquerait les "miracles", notamment).

Méfions-nous tout de même des charlatans.

Nota* : ne pas confondre les lois entropiques avec le principe anthropique.
Nota** : lire "Le fait humain" et pourquoi pas "La messe sur le monde"
Je vous lis, je suis le débat qui m'intéresse énormément mais qui me dépasse !
Alors je me contente de vous lire, sans intervenir :)  
Désolé, faut toujours que je complique tout...
C'est que je ne dois pas être simple, ce que je regrette !
Bonne continuation.

PS : la culture c'est comme la confiture... etc.
NON, tu ne compliques pas tout.

Tu parles de tes idées et de tes connaissances, qui effectivement me dépassent aussi quelques fois, sans pour cela ......... me lasser de les lire.
cron